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Qui sont les habitants paysagistes?



L’intérêt pour les architectures singulières se développe au cours des années 1960. Dans son livre Les inspirés et leurs demeures, publié en 1962 et préfacé par André Breton, Gilles Ehrmann, photographe proche des surréalistes, documente plusieurs sites : les jardins de Bomarzo, le Palais Idéal du facteur Cheval... En 1977, l’architecte Bernard Lassus utilise, dans son ouvrage Jardins imaginaires, le terme « habitants-paysagistes » pour désigner des personnes qui ont entrepris de faire de leur environnement quotidien (maison, jardin) une création personnelle. Certains recouvrent leurs maisons de vaisselles cassées, d’autres vont construire de toute pièce un univers architectural et ornemental dans la lignée de Ferdinand Cheval qui construisit, de 1879 à 1912, son Palais Idéal à Hauterives, dans la Drôme. L’abbé Fouéré, à la fin du 19ème siècle, tailla les rochers en bord de mer à Rothéneuf ; les personnages et les monstres marins disparaissent peu à peu, érodés par le vent, la pluie, le sel. 

Ces sites sont fragiles et les moyens de préservation difficiles. Certains sites ont fait l’objet de sauvegarde in situ, comme la maison décorée de vaisselles cassées par Raymond Isidore à Chartres, alors que d’autres ont été partiellement déplacés pour être réinstallés dans des lieux conservatoires, comme au LaM, les bois sculptés de Theo Wiesen ou les objets en mosaïques de Josue Virgili. Le musée a retenu comme appellation principale le terme d’habitants-paysagistes car il semble le plus à même de qualifier ces réalisations qui peuvent prendre en compte l’architecture et l’environnement extérieur.